Flexi-jobs : le régime définitif à partir du 1er juillet 2026

C'est enfin le cas. La loi du 28 juin 2026 élargit considérablement le régime du travail flexi (Moniteur belge du 2 juillet 2026). Le nouveau régime entre en vigueur le 1er juillet 2026 et entraîne une réforme approfondie du système. Qu'est-ce qui change précisément, et qu'est-ce que cela signifie pour les employeurs et les travailleurs ? Nous vous présentons un aperçu clair de la situation.

Qu'est-ce qu'un flexi-job ?

Un flexi-job est un emploi complémentaire dans le cadre duquel le travailleur bénéficie d'un statut fiscal et social particulièrement avantageux. L'employeur ne paie qu'une cotisation patronale spéciale de 28% en plus du salaire — pas de cotisations ONSS ordinaires, pas de précompte professionnel. Pour le travailleur, le résultat est simple : salaire brut = salaire net. Le système a été instauré en 2015 pour le secteur horeca et a depuis été progressivement étendu à de plus en plus de secteurs.

La grande nouveauté : les flexi-jobs dans (presque) tous les secteurs

La modification la plus importante est sans conteste l'élargissement du champ d'application. À partir du 1er juillet 2026, les flexi-jobs sont possibles dans presque l'ensemble du secteur privé et public, sans qu'un opt-in ne soit nécessaire à cet effet. En principe, tout employeur, dans tout secteur, peut recourir à des flexi-jobistes.

Les secteurs qui ne souhaitent pas ce système peuvent demander un opt-out via leur commission paritaire. Cet opt-out peut être total ou partiel, et doit être confirmé par un arrêté royal. Les nouveaux opt-outs peuvent entrer en vigueur au plus tôt le 1er octobre 2026, moyennant une demande introduite auprès de l'ONSS avant le 30 juin 2026. À partir de 2027, les opt-outs et opt-ins seront traités sur une base annuelle, avec entrée en vigueur systématique au 1er janvier.

Deux catégories restent exclues du système des flexi-jobs dans tous les secteurs :

· Les fonctions artistiques, artistico-techniques et de soutien artistique (telles que définies par la loi sur la Commission Artistes du 16 décembre 2022) ;
· Les travailleurs du sexe relevant de la CP 302 (Horeca).

Secteur des soins de santé : enfin accessible

Une avancée notable est l'ouverture des flexi-jobs aux fonctions du secteur des soins de santé. Pensons aux infirmiers, kinésithérapeutes ou autres professionnels de la santé. Bien entendu, le flexi-jobiste doit disposer des diplômes et qualifications requis, l'accès aux professions protégées restant respecté.

Pour les secteurs de l'accueil de l'enfance et des soins de santé (CP 330, 331 et 332), un régime particulier s'applique : ils peuvent, via un opt-out, limiter les flexi-jobs à un pourcentage maximal du volume de travail total chez un employeur. Cette limitation existait déjà dans l'accueil de l'enfance flamand (20%), et cette approche est désormais étendue au secteur des soins de santé au sens large.

Conditions modifiées pour les flexi-jobistes

Outre l'élargissement du champ d'application, certaines règles du jeu sont également adaptées.

1. Les pensionnés peuvent démarrer plus rapidement

Auparavant, le statut de pensionné d'un candidat flexi-jobiste était contrôlé au trimestre T-2 (deux trimestres avant l'emploi). À partir du 1er juillet 2026, ce contrôle est déplacé au trimestre T, c'est-à-dire le trimestre de l'emploi lui-même. Concrètement, cela signifie qu'un pensionné peut commencer immédiatement après sa mise à la retraite en tant que flexi-jobiste, sans devoir attendre le trimestre suivant. Attention : si l'employeur était également l'ancien employeur, des restrictions supplémentaires s'appliquent.

2. Entreprises liées : un assouplissement pour les temps pleins

Jusqu'à présent, une interdiction générale s'appliquait aux flexi-jobs auprès d'une entreprise liée à l'employeur principal. Cette interdiction est partiellement levée : les travailleurs qui, en plus de leur flexi-job, occupent déjà un emploi régulier à temps plein ailleurs (que ce soit ou non auprès de l'entreprise liée) pourront désormais exercer un flexi-job auprès d'une entreprise liée. L'interdiction reste en vigueur pour les travailleurs occupés à temps partiel à concurrence d'au moins 4/5.

3. Agences d'intérim : davantage de flexibilité

À partir du 1er juillet 2026, les agences d'intérim pourront occuper une même personne en tant qu'intérimaire ordinaire et en tant que flexi-jobiste, à condition que ce ne soit pas chez le même utilisateur au cours du même trimestre.

Nouveautés concernant le flexi-salaire

Le flexi-salaire reste en principe plafonné à 150% du salaire barémique sectoriel applicable. Mais deux modifications importantes sont à noter :

Les indemnités obligatoires en vertu de la législation ou d'une CCT (comme les suppléments du dimanche ou les primes de nuit) ne compteront désormais PLUS dans le calcul du plafond de 150%. Les avantages octroyés volontairement continuent toutefois à être pris en compte.

Dans le secteur horeca (CP 302), un salaire maximum spécifique de 21 € par heure (à indexer) s'applique à partir du 1er juillet 2026, en remplacement du pourcentage de 150%. Ce montant remplace l'ancien système de plafond proportionnel pour l'horeca.

Exonération fiscale : quelles sont les limites ?

Sur le plan fiscal, les revenus des flexi-jobs sont en principe exonérés de l'impôt des personnes physiques, à condition qu'ils soient soumis à la cotisation ONSS spéciale de 28%.

En résumé, les limites suivantes s'appliquent selon la catégorie dont vous relevez :

- Flexi-jobiste non pensionné : exonération jusqu'au plafond annuel indexé ; tout ce qui dépasse ce plafond est imposable comme rémunération ordinaire aux taux progressifs de l'impôt des personnes physiques ;

- Flexi-jobiste pensionné : exonération totale, aucun plafond ne s'appliquant.

Le plafond de 18.880 € (revenus de l'année 2026) est indexé annuellement.

Le flexi-jobiste ne doit pas de cotisations de sécurité sociale.

Conclusion

La loi définitive sur les flexi-jobs du 28 juin 2026 constitue une étape marquante. Pour la première fois, les flexi-jobs sont disponibles dans tous les secteurs de l'économie, une réponse aux pénuries persistantes de personnel qui touchent quasiment tous les secteurs. L'assouplissement des règles relatives aux entreprises liées, aux pensionnés et aux agences d'intérim rend en outre le système plus accessible que jamais.

Dans le même temps, la vigilance reste de mise : les opt-outs peuvent limiter le champ d'application dans votre secteur, et les règles salariales ont été modifiées sur certains points.

AVERTISSEMENT: Cet article a été publié/modifié pour la dernière fois le 03/07/2026 et a été rédigé conformément à la législation, la jurisprudence, la doctrine juridique et les interprétations en vigueur à ce moment-là. Depuis cette date, des changements peuvent avoir eu lieu rendant cet article potentiellement obsolète.

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